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Comment éviter la démotivation au travail ?

Beaucoup de personnes parmi nous avons un jour ou l’autre rencontré un patron qui n’écoute pas. L’absence d’écoute est frustrante et contribue à la démotivation.   De plus, cela nuit énormément à la productivité et réduit le rendement des salariés.

Une personne en autorité qui n’écoute pas décide consciemment ou inconsciemment de ne pas être disponible pour écouter les idées des autres. Elle tient à son message et elle considère qu’il est légitime, à cause de son statut hiérarchique, de le faire de cette façon.

La démotivation

La première chose qu’il est facile d’observer est une démotivation contagieuse. Les employés se parlent entre eux et cela affecte le rendement. 

Les effets sur la démotivation sont réels et affectent toutes les personnes qui gravitent autour de ce patron. L’exemple que je donne ici touche principalement la relation hiérarchique patron-employé, mais elle peut aussi être appliquée dans toutes les relations interpersonnelles. 

Même si la démotivation est l’un des premiers effets observables, plusieurs autres facteurs attirent aussi mon attention. La confiance en soi, l’absentéisme, la mauvaise humeur sont de très bons exemples des effets observables au quotidien.

Les pertes que cela engendre sont majeures autant pour l’employé que pour l’entreprise. La personne devient moins efficace et cela a des répercussions dans toutes les sphères de sa vie personnelle et professionnelle. Celle-ci a moins le goût de s’investir dans son travail, dans sa vie familiale et dans ses relations interpersonnelles.   Le climat qu’elle crée autour d’elle est négatif. 

Les messages de détresse

 

démotivation

Pourtant, les messages de détresse des personnes qui nous entourent sont parfois très clairs. Celles-ci ne reçoivent tout simplement pas l’écoute nécessaire. Une écoute qui doit être réconfortante et sans jugement.

Un collègue à moi s’est un jour exprimé librement à son patron suite à ce qu’il vivait au quotidien dans son travail.   Il n’a pas eu l’écoute qu’il désirait. Le patron lui a plutôt donné des conseils sur ce qu’il devait faire pour régler la situation. 

Mon collègue aurait préféré sentir qu’il avait été entendu, sentir de la compréhension et sentir de la compassion. À la place, il était frustré et il s’est senti complètement incompris. Il s’est promis de ne plus jamais s’exprimer de la sorte.

L’incapacité à écouter les personnes de notre entourage est une tendance bien réelle. Cependant, le manque d’écoute est pour moi un point majeur qui a un effet sur la productivité et éventuellement l’absentéisme au travail. Selon une étude du Conference Board du Canada publié en 2013, l’absentéisme occasionne des pertes de plus de 16 milliards de dollars par année. 

http://www.conferenceboard.ca/press/newsrelease/13-09-23/les_employés_absents_coûtent_des_milliards_à_l_économie_canadienne.aspx

Écoute et absentéisme

Je trouve assez bizarre qu’aucun lien ne soit fait entre ces deux problèmes. Je ne sais pas pourquoi l’on considère que l’écoute est quelque chose d’acquis. Le monde du travail a énormément évolué.  De très nombreuses lois encadrent désormais les relations entre les individus.  Nous gravitons donc tous dans un milieu supposément évolué. 

Pourtant, ce que j’observe dans mon quotidien est tout à fait le contraire. C’est la loi de la jungle. Marche ou crève. Le système en place exerce une pression sur chaque individu, peu importe son niveau hiérarchique. 

C’est un monde individualiste qui sert très bien les valeurs des plus haut placés. En centrant les individus sur eux-mêmes, il est plus facile de contrôler la pensée et les agissements de la plupart des individus d’un groupe. 

Avez-vous dit transparence?

Dans cette prétendue transparence, il est très facile de berner la majorité d’entre nous qui voulons nous fondre dans la masse. Malheureusement, lorsque les événements nous rattrapent, il n’existe pas beaucoup de portes de sortie. 

La pression sociale exercée sur chaque individu est énorme. À ce moment précis, nous avons tendance à nous conformer de peur de perdre le confort ou l’impression de confort que nous avons mis beaucoup de temps à acquérir. 

Je pense qu’il ne faut pas attendre un signe physique (maladie) ou un signe psychologique (stress, angoisse, anxiété) avant de réagir. Parfois, il est trop tard et les dommages sur l’individu sont irréversibles (crise cardiaque, anxiété généralisée, etc.).

C’est une véritable industrie de la maladie qui nous entoure. Il n’y a pas beaucoup de manières différentes de voir les choses. Si tu ne penses pas comme la majorité, il y a de fortes chances d’être marginalisé. 

La peur s’installe et la personne n’a pas beaucoup d’alternatives. Elle doit se conformer ou affronter la situation au risque de perdre des amis et peut-être même son travail. 

Je sais ce que je viens de faire. Cela s’appelle un sophisme. Quand tu donnes un choix entre deux choses dans un questionnement aussi complexe, c’est un manque d’honnêteté intellectuelle. 

Je vous invite ici à réfléchir à ce qui est acceptable pour un être humain digne de ce nom. Pour y arriver, je vous propose deux comportements que les gens autour de vous manifestent et un trait psychologique qui aide à faire adhérer un grand nombre de personnes à des idées.

La manipulation au service de tous

Chaque jour, je peux observer autour de moi de la manipulation. C’est un système très présent et qui sert très bien l’adhésion de la majorité à des idées ou aux orientations de l’entreprise.

1. Les sophismes du faux dilemme et de l’appel à la popularité

J’ai déjà abordé les sophismes dans un autre article ici :

https://fredericbelley.com/sophismes-et-manipulation/

Le sophisme du faux dilemme consiste à mettre notre interlocuteur face à deux seules possibilités. Il n’y a que deux solutions. Dans cette logique, les personnes qui font face à un choix vont naturellement faire celui de la majorité. 

La personne en face d’elle n’a qu’à faire un appel à la popularité et l’affaire est jouée. Vous n’avez qu’à écouter les radios populistes et vous serez à même d’observer par vous-même la surutilisation de ces deux sophismes.

La personne se retrouve à faire un choix bien malgré elle et ceux-ci sont totalement insatisfaisant. L’accumulation tout au long de la vie finit par générer un grand nombre de frustrations. 

Dans mon milieu de travail, j’ai souvent observé des collègues prendre leur retraite dans l’amertume. Le corps rongé par le stress, plusieurs sont déjà malades sans le savoir.   Une fois que le stress chronique s’arrête, les petits ou les gros bobos sortent au grand jour.

Observez autour de vous les retraites longues et heureuses, il me semble que c’est de plus en plus rare. Si la finalité est toujours la même, nous sommes en droit de nous poser quelques questions et de donner un sens réel à ce que nous faisons.

2. Le biais de confirmation

C’est une question qui a beaucoup été étudiée en psychologie. Au départ, une expérience a été menée par le psychologue britannique Peter Wason (1924-2003) qui a fait un test sur les hypothèses. 

Lors de cette expérience, il s’est aperçu que les candidats recherchaient principalement des résultats positifs pour confirmer ce qu’il croyait déjà au départ. Le cerveau choisit donc de la manière la plus positive possible une confirmation des croyances qu’il a déjà. 

Ce qui est le plus étonnant, c’est que nous sommes la plupart du temps sur le pilote automatique. Notre cerveau sélectionne les informations qui confirment nos croyances. Nous sommes des robots et nous préférons cette sécurité qui nous réconforte dans notre manière d’être.

Un article démontrant comment notre inconscient nous gère :

https://fredericbelley.com/inconscient

L’heure des choix

Le biais de confirmation consiste à ne choisir que les informations qui sont en lien avec nos croyances. Nous accordons donc plus d’importance à certaines informations au détriment de celles qui amènent un individu à changer d’opinion. Ces choix viennent confirmer nos idées préconçues et nos hypothèses sans qu’on tienne compte nécessairement de la véracité des nouvelles informations obtenues. 

Plus la question est de nature affective ou en lien avec nos croyances, plus nous allons tout faire pour ne garder que les informations qui la confirment.

Ce qui me questionne le plus, c’est cette tendance à rejeter les idées nouvelles au profit d’un faux sentiment de sécurité. Le système exerce une pression de plus en plus grande sur chaque individu.  J’en viens à penser qu’une partie de nos réactions résulte d’un mécanisme de protection.

Une réflexion plus profonde m’amère à penser que le monde dans lequel nous vivons cherche à contrôler la manière d’assumer nos propres choix. En laissant mon pouvoir aux autres, je choisis d’être un robot au service de personnes qui sont elles-mêmes manipulées par leur supérieur.

En guise de conclusion

Il faut juste se rappeler que chacun d’entre nous, comme travailleur, prêtons notre temps et notre savoir-faire en échange d’une rémunération. Les limites de cette relation doivent être établies dès le départ. C’est dans la nature humaine de vouloir s’approprier du pouvoir. Il faut faire très attention pour ne pas créer de précédent et ainsi changer le rapport de force entre le patron et le salarié. C’est la responsabilité de chacun. 

Chaque accommodement tourne presque toujours contre le subalterne. Ce nouvel équilibre se fait ensuite sentir chez les autres membres de l’équipe.

C’est la manière d’être et de se comporter qui influence positivement ou négativement les relations. Comme je l’ai dit précédemment, l’utilisation des sophismes emprisonne l’individu et il ne trouve plus de moyens pour s’en sortir. 

biais de confirmation

2 moyens de déjouer son propre cerveau!

Merde ! je suis hypocondriaque docteur ! Est-ce que je vais guérir ? C’est sans aucun doute une situation que vous vivez, que vous avez déjà vécue ou que vous avez déjà vue. Fabulation, bulle au cerveau. Pourquoi mon cerveau me joue-t-il des tours ?

Voici un petit récit vécu qui va vous permettre de comprendre ce que je veux dire : un jour en allant à la toilette, je remarque que quelque chose n’est pas normal, l’eau est colorée de rouge. Je deviens tout à coup très inquiet. Je commence à imaginer plein de scénarios catastrophes. Il faut absolument que je me rassure sur la nature de ce qui m’arrive. Cela ne peut pas être aussi grave que je le pense. Laissant ma peur de côté quelques instants, je prends mon courage à deux mains et je consulte mon ami Google. 

Je tape ceci : « Sang dans les selles ». Je scrute attentivement les premiers résultats. Le diagnostic est sans équivoque. J’ai le cancer du côlon. Pendant près d’une heure, je consulte plusieurs dizaines de sites Internet qui disent tous la même chose. En fermant l’ordinateur, je suis complètement démoli. Le pire est arrivé, je suis cancéreux. 

Quelque jours plus tard

Je laisse passer quelques jours pour mieux digérer la nouvelle. Un petit hamster tourne continuellement dans ma tête. Il faut que j’annonce la nouvelle à ma copine. J’espère qu’elle va bien le prendre. N’écoutant que mon courage, je lui dis…

Bon, je sais que ce n’est sûrement pas très cool pour vous, mais le punch est à la fin du texte. Continuez la lecture jusqu’au bout ! Voyons plutôt ce qu’il s’est passé dans ma tête et comment j’aurais pu mieux gérer le tout.

Le biais de confirmation

Merci d’être encore là ! Bon, il faut absolument que je vous explique deux ou trois choses pour comprendre le processus. Sur le site https://psychologenie.com/confirmation-bias-explained-with-examples, on dit que le biais de confirmation est un biais cognitif qui pousse les êtres humains à se concentrer sur des informations qui soutiennent leurs croyances. En négligeant les autres informations, ils laissent de côté les avis qui vont à l’encontre de leurs croyances.

Ce qu’il faut comprendre dans l’exemple que je donne, c’est que j’ai fait une recherche pour confirmer ce que j’avais déjà diagnostiqué au départ. Un cancer. J’ai donné énormément de valeur aux informations qui confirmaient mon hypothèse. J’ai laissé sans le savoir de côté toutes les informations qui auraient pu la contredire.

C’est le psychologue britannique Peter Wason (1924-2003) qui a mené un test sur les hypothèses. Lors de cette expérience, il s’est aperçu que les candidats recherchaient principalement des résultats positifs pour confirmer ce qu’il croyait déjà au départ. Le cerveau choisit donc les informations qui confirment positivement les croyances qu’ils avaient déjà.

Le plus grand des malheurs pour nous, c’est qu’il est très difficile de déjouer le biais de confirmation. Pour y arriver, il faudrait réaliser que notre démarche intellectuelle est erronée. C’est contre nature. Cela reviendrait à réaliser que nous sommes illogiques et irrationnels. Tout à coup, la réalité apparaîtrait, sans doute par magie, pour nous révéler la vérité. 

Voici deux moyens

Dans l’article « Comment avoir moins souvent tort », l’auteur donne deux moyens qui ne sont pas nécessairement faciles à appliquer. C’est un entraînement de tous les jours qui peut vous permettre de vous approcher de la vérité. 

L’article complet se trouve ici : https://revue-progressistes.org/2016/07/02/comment-avoir-moins-souvent-tort-le-biais-de-confirmation-par-nicolas-gauvrit/

Le moyen #1

Il faut éviter de chercher à confirmer nos croyances. Plus facile à dire qu’à faire. Une situation se présente comme l’exemple que je vous ai donné plus haut et vous devez réagir. Que faites-vous ? Voici deux choses qu’il ne faut surtout pas faire.

  1. Il ne faut pas consulter Google. Sur Internet, il y a beaucoup d’informations et vous n’avez pas dans une telle situation la capacité à discriminer les bonnes des mauvaises.
  2. Il faut éviter les forums de discussion sur le sujet. La plupart des personnes sur ces sites ont le même problème que vous. Cela ne va que confirmer votre hypothèse. C’est une très mauvaise idée.   Même si le site est sérieux comme https://www.passeportsante.net, vous n’aurez pas l’objectivité nécessaire.

Si j’agis exactement comme je l’ai fait, il se peut que j’augmente mon anxiété pour un moment. Si vous êtes une personne anxieuse, cela va nécessairement aggraver votre état.

Le moyen #2

Au lieu de chercher à confirmer nos croyances, il faut les tester. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? C’est sortir de notre zone de confort et oser valider nos croyances auprès de groupes ou de personnes qui ne partagent pas les mêmes idées que moi. C’est prendre le risque d’être mal reçu, mal compris ou mal interprété. Ce n’est pas un chemin facile, mais il y a plusieurs raisons de chercher ailleurs la validation de ses idées.

La première raison est que vous avez peur de vous faire dire vos quatre vérités. Tout votre système de croyances risque d’être mis à rude épreuve. Ce qui est très paradoxal et très difficile à réaliser, c’est que vous allez devoir être objectif par rapport aux informations nouvelles et objectif par rapport aux informations que vous déteniez au départ. 

Le plus drôle dans tout cela, c’est que jusqu’à maintenant vous avez toujours cru que vous étiez objectif. C’est qu’en cherchant à confirmer votre hypothèse, vous avez sélectionné sans vous en apercevoir les informations qui confirmaient votre croyance de départ. 

La deuxième raison est la peur du rejet. C’est beaucoup plus facile de partager les idées de personnes qui pensent comme nous; ou pour nous de s’ajuster à leur pensée. Il n’y a pas de risque de rejet puisque toutes les personnes du groupe pensent la même chose ou finissent par penser la même chose pour ne pas être rejetées. 

Si dans les personnes ou les groupes d’amis que vous fréquentez, il y a en certains qui osent de temps à autre émettre une idée contraire, soyez assuré qu’une ou des personnes se chargeront de les remettre tout de suite à l’ordre. 

La troisième raison est que notre cerveau n’aime pas être en dissonance cognitive. Dans un article précédent, j’explique un peu pourquoi notre cerveau n’aime pas cela. C’est la recherche constante de tous les systèmes de notre corps qui recherchent l’équilibre (homéostasie). C’est Festinger (1957) qui l’affirme.

Voici la référence de mon article sur le sujet : https://fredericbelley.com/resoudre-ses-conflits-interieurs/

Lorsqu’on attaque nos valeurs, il se peut que l’objectivité en prenne un coup. Dans ce cas particulier, l’individu se referme comme une huître et malheureusement, il n’y a pas beaucoup de chances de pouvoir modifier une croyance.

Fin de ma petite histoire

N’écoutant que mon courage, je lui dis :

« — Écoute chérie, j’ai quelque chose à te dire. Ça fait plusieurs jours que ça me tourne dans la tête. J’ai le cancer du côlon.

Elle me répond : — T’es ben épais ! T’as mangé un pot complet de betteraves ! C’est normal ce qui t’arrive, ça colore les selles. »

Conclusion

Je ne peux pas vous dire comment je me suis senti ridicule. Mon exemple arrive constamment aux personnes hypocondriaques. C’est vraiment intéressant de prendre conscience de ce mécanisme du cerveau. Dans beaucoup de situations de la vie de tous les jours, les êtres humains sont en recherche de la vérité. Il faut juste trouver les bons moyens de déjouer notre cerveau.

Il serait souhaitable qu’un jour l’être humain soit capable de déjouer les biais cognitifs. D’ici là, il faut s’équiper le mieux possible et rester ouvert face aux idées différentes de la nôtre.